De quoi s'agit-il ?
Le terme « hallux » signifie gros orteil, et « valgus » dévié vers l’extérieur par rapport à l’axe central du corps. Le gros orteil étant dévié, il laisse apparaitre de façon proéminente le 1er métatarsien qui donne cet aspect de tuméfaction osseuse, de boule, que certains appellent « oignon ».
Il s’agit en fait d’une véritable déstabilisation du premier rayon du pied constitué par le premier métatarsien et le gros orteil, incluant ses deux phalanges. Les ligaments de l’articulation entre le premier métatarsien et la première phalange sont donc souvent lésés, insuffisants, distendus.
Ainsi il va s’en suivre une perte du parallélisme du premier et deuxième métatarsien. Le premier métatarsien ayant tendance à se dévier vers l’intérieur (1) par rapport à l’axe central du corps : on parle de métatarsus varus.
Puis le tendon extenseur du gros orteil, situé au dos du pied, prend « la corde de l’arc » et pérennise la déformation entrainant le gros orteil avec lui. (2)
Pied avant et après chirurgie
Résultat radiologique à 1 an
Sans vis
Quelles sont les causes ?
Elles sont principalement hormonales chez la femme, et osseuses chez l’homme.
La femme par son imprégnation oestrogénique a tendance à distendre ses ligaments et à les rendre insuffisants, moins solides.
L’homme a plus souvent des défauts d’axe osseux qui génèrent des troubles biomécaniques.
Il y a aussi des facteurs congénitaux ou héréditaires.
Il y a également des facteurs de risques, des facteurs d’aggravation, comme le port de talons hauts qui va contraindre l’avant pied ; de même que les danseuses professionnelles qui font subir de fortes pressions antérieures lors du travail sur pointes.
Et si je ne veux pas être opéré, que puis-je faire ?
Aucun moyen ne pourra corriger l’hallux valgus.
En revanche vous pouvez éviter son aggravation en portant une contention nocturne, une petite « cale » entre le premier et le deuxième orteil.
Il est possible aussi de faire réaliser des orthèses plantaires, des semelles, afin de rééquilibrer le pied et sa mécanique pour éviter notamment de surcharger les rayons latéraux et diminuer les douleurs.
Sans chirurgie le risque est donc l’aggravation de la déstabilisation du pied vers un avant pied complexe, déstabilisé, puisque les moyens ne sont donc que palliatifs.
En quoi consiste la chirurgie ?
Le traitement chirurgical est réalisé par voie mini-invasive, généralement en ambulatoire, avec une anesthésie optimisée pour éviter les douleurs, complétée par une anesthésie locale per-opératoire.
Il s’agit d’une chirurgie fonctionnelle, nécessitant des réglages précis, il faut donc ouvrir pour voir et réaxer parfaitement les désordres biomécaniques.
La chirurgie percutanée, sans ouvrir, sans cicatrice, n’a donc qu’une place limitée puisqu’elle laisse au hasard le réglage, souvent sans fixation et puisqu’on ne voit pas ce que l’on fait hormis à l’aide de radio.
L’enjeu est donc de redonner un parallélisme au premier et au deuxième métatarsien par un geste d’ostéotomie de celui-ci, affiné par un réglage complémentaire de la première phalange. On corrige donc des insuffisance ligamentaires, par des gestes osseux : la rigueur et la précision sont donc indispensables.
Dans de rares cas d'hallux valgus extrêmement sévères on peut être amené à réaliser une arthrodèse. (cf chapitre hallux rigidus)
Et après l’intervention ?
Il faut se reposer, mettre le pied en l’air le plus souvent possible lors des positions assises ou couchées pour éviter les œdèmes. Il faut marcher avec une chaussure spéciale pendant un mois, donc la conduite pendant ce mois n’est pas possible. Il faut commencer la rééducation dès 3-4 semaines post-opératoires. L’arrêt de travail est en moyenne de 2 mois. Le retour aux activités sportives ne se fait pas avant 3 mois.
La consultation de contrôle à lieu au premier, au troisième et au douzième mois post-opératoire, pour le suivi cicatriciel, de consolidation radiologique et fonctionnel.