De quoi s’agit-il ?
L’instabilité est un symptôme et correspond littéralement à un manque de stabilité de la cheville ; celle-ci étant facilement sujette à des accidents, des torsions, des entorses à répétition. Le patient ressent une insécurité de sa cheville pendant les activités sportives ou lors des activités quotidiennes ; une peur de trébucher à la descente d’un trottoir, une appréhension lors de la marche sur terrain instable avec des cailloux par exemple.
Ce manque de stabilité est le plus souvent secondaire à des lésions des ligaments stabilisants les différentes structures osseuses de la cheville (calcanéum, talus, tibia). Les os étant mal soutenus bio-mécaniquement, leurs mouvements se fera de façon anormale, et donnera lieu à des torsions inappropriées, générant de nouvelles entorses. Ces lésions ligamentaires surviennent généralement après un gros épisode d’entorse non ou insuffisamment traité ; ou après de multiples petits épisodes. Les ligaments sont alors rompus ou distendus ; ils ne sont plus efficaces, plus fonctionnels.
Quelles sont les causes ?
D’autres pathologies peuvent générer une instabilité :
-toute raideur de cheville avec un manque d’amplitude articulaire
-un problème osseux avec un défaut d’axe de l’arrière pied
-un problème neuro-musculaire, un problème d’équilibre
Quand faut-il se faire opérer ?
Lorsque l’instabilité (le symptôme) est de plus en plus invalidante et qu’elle est corrélée à une laxité objective (mise en évidence de lésions ligamentaires). La cheville étant trop laxe, il faudra réparer et reconstruire les ligaments. Ces lésions ligamentaires peuvent être mise en évidence par l’examen clinique et/ou les examens complémentaires tels que les radiographies dynamiques, l’échographie, l’IRM ou le scanner.
Et si je ne veux pas être opéré, que puis-je faire ?
Aucun moyen ne pourra réparer les lésions ligamentaires.
En revanche vous pouvez éviter de faire de nouvelles entorses en rééduquant votre cheville, en renforçant les muscles autour de celle-ci qui la stabilisent. C’est une véritable reprogrammation neuro-musculaire.
Il faut également faire réaliser des semelles et en évaluer leur bénéfice, pour pallier un problème d’appui, un défaut axial statique ou dynamique, permettant d’éviter les récidives.
Sans chirurgie, le risque est de surcharger les tendons fibulaires. Peuvent alors apparaitre des fissures tendineuses, voire de véritables ruptures.
L’autre risque majeur est l’arthrose de cheville. L’articulation ne fonctionnant pas normalement, elle risque de s’user plus rapidement.
En quoi consiste la chirurgie ?
Le traitement chirurgical est réalisé par voie mini-invasive par une incision cutanée latérale de 5 à 7 cm, généralement en ambulatoire.
Il s’agit de retendre les ligaments restants, de les réparer. On y associe une ligamentoplastie au rétinaculum des extenseurs (frondiforme). On va donc transposer un ligament sain à la place de celui qui est lésé. La technique au frondiforme évite de prélever le court fibulaire, stabilisateur fondamental de la cheville. Le greffon étant inséré sur le calcanéum, il ponte l’articulation sous-talienne et participe à sa stabilisation.
Et après l’intervention ?
Il faut se reposer, mettre le pied en l’air le plus souvent possible lors des positions assises ou couchées pour éviter les œdèmes. Une botte d’immobilisation est mise en place pour une durée de 6 semaines. Les 3 premières semaines l’appui est strictement interdit.
La rééducation sera débutée à l’ablation de la botte. La conduite automobile sera reprise au bout de 2 mois. L’arrêt de travail est de 2-3 mois. La reprise sportive s’envisage progressivement au bout du 3è mois.
La consultation de contrôle a lieu à la 6è semaine, au troisième et au douzième mois post-opératoire, pour le suivi cicatriciel, la reprise sportive et l’évaluation fonctionnelle.